Le Gentlegay Moderne

30 novembre 2010

Veni Vidi Vici

Le gentlegay est parti en week end…à Centerpark !

Ah non vous dites vous, il nous a déjà fait le coup (voir chronique du Costa Rica), tu parles, il ne s’est sûrement pas retrouvé sous le microclimat artificiel d’un petit bassin couvert, seul signe perceptible du réchauffement climatique en Normandie…non, il a dû se faire un week end en Amazonie façon gypset ou alors à Maurice à la rencontre de ses 5 mondes intérieurs et spa-ologiques…

Et bien non, cette fois ci le gentlegay est vraiment parti à Centerpark, le vrai, le temple des jeux aquatiques pour marmaille en folie, des bols d’air pur préfabriqués pour citadins engourdis par ce retour quasi primal à la nature…C’est bien dans cet endroit tant décrié dans un précédent épisode et parce qu’il aime tester le possible de ses limites, expérimenter l’ouverture de ses chakrat, que le gentlegay a décidé de vraiment partir, direction une pleine normande engourdie tant par sa provincialité que par le brouillard hivernal.

Après avoir laissé sa voiture dans un parking surchargé, tel celui d’un feu Mammouth un samedi après midi, enfin d’après ce que quelques historiens du cadi ont raconté au gentlegay plus habitué à la grande épicerie.. au détour d’un chemin piétonnier le gentlegay découvre le cottage loué pour l’occasion…

Car oui Centerpark est piéton, et peuplé de velomaniac, les mêmes qui klaxonnent et râlent à paris contre les pistes cyclables…

 Le voilà le cottage, enfin cottage, je vous rassure tout de suite : on est très loin du charming cottage anglais de Tamara Drewe, où, une Helen Mirren sourire aux lèvres vous accueille dans un cosy intérieur Laura Ashley pour vous offrir une cup of tea…non, là on est plutôt dans la version cabane Fly pour les couleurs - jaune et rouge, un camaïeu si reposant pour les yeux -  et But pour le design. C’est ça, droit au but, à l’essentiel, je ne dirais pas au minimalisme car ce serait accorder un certain parti pris au design sous tendant la déco en place…. Heureusement, il s agit d’un cottage VIP, on ne la fait pas au gentlegay, explorateur certes mais pas téméraire…baignoire à bulle et sauna, point de tapis rouge, mais l’honneur – à défaut d’un confort absolu - est sauf…

Aller hop, déjà quelques palpitations causées par un univers si peu familier, besoin d’une tasse de thé pour se remettre, au coin du feu… vrai feu mais fausses bûches  - tout à l’image de Centerpark, le paradis du faux vrai - en copeaux de bois reconstitués évitant tout crépitement intempestif qui pourrait rappeler aux citadins tout juste en desintox de voiture qu’on est à la fausse campagne suffisamment vraie pour leur créer une crise d angoisse …profitons de ce silence…

 

Mais Centerpark c’est quand même avant tout l’aquamondo ! une base de loisir ne rimant pas forcement avec centre de plaisir pour le gentlegay…

Après 15 mn de marche dans des chemins à la gadoue toute lozéroise apparaît au loin ce qui semble être au gentlegay une serre victorienne façon Kew Garden…en me rapprochant je découvre à ma grande déconvenue qu’on est en fait plus proche d’une super piscine municipale recouverte d’un dôme chauffant façon chapiteau de cirque, et je n allais pas tarder a rencontrer les clowns…

En fait pour le gentlegay l’aquamondo s’est plutôt révélé être un for boyard, avec ses épreuves à affronter : 

Première épreuve, l’entrée dans cet antre des ploufs et des splash au travers d’une seule porte… et là tous les habitants des voitures détectées sur le parking d’arrivée et qu’on avait superbement oubliés, se rappellent bien à vous : moi je dis que partir en week end pour se retrouver dans une queue de métro à l heure de pointe ça permet d’éviter de trop déconnecter et d’être bien prêt pour le lundi…

Deuxième épreuve, trouver la piscine… car entre vrais flamants roses, restos flunch divers et variés, boutique de maillots - pardons fashion store comme ils disent - et souvenirs tirelires façon logos Centerpark, c’est la conquête d’un nouveau monde qui s’offre à vous…

Troisième épreuve, les vestiaires… où comment en trouver un de libre, éviter de marcher sur un carrelage luisant d’une humidité de condensation souillée des restes de gadoue lozérienne, ne pas sombrer en se déshabillant dans un trauma causé par un flash des après midi piscine à l’école primaire et enfin faire rentrer le minimum vital du parfait gentlegay en week end gentry (parka Moncler, Converses fourrées, gros pull tricote main DG, jean acne, sac de piscine LV)  dans des casiers plus conçus pour accueillir le nécessaire de lilliputiens nudistes…

Quatrième épreuve, l’entrée dans la baignoire géante sans faire une crise d’agoraphobie…car ils sont là les gens, les vrais, ceux couverts de tatouages asiatiques ying et yang dont ils ignorent le sens mais dont le motif leur rappel le dernier motif de la collection i love asia de chez Confo, ceux qui vous font comprendre d’un coup que la vision de l’anatomie humaine au travers des gens peuplant une salle de sport parisienne n’est sans doute pas très réaliste, ceux qui ne disent absolument pas bonjour – pourquoi être convivial en week end – égocentrés ou plutôt familicentrés sur leur éclate aquatique, ceux qui tels des échassiers parcourent les bassins en tournant la tête abruptement pour surveiller leur progéniture nombreuse et donc éparpillée ou qui tels des chiens de prairie sifflent le rassemblement à l’heure du sandwich rillettes dans le solarium avec faux soleil délivré par des lampes à chauffer….tous ceux là et bien d’autres, tant que le bassin à vagues finit par ressembler à une foule de crânes mouvants dans un paradis artificiel façon photo de Martin Parr…ou qui, rassemblés autour de l’arbre à eau (je vous laisse découvrir cette activité par vous même) nous font vraiment sentir la véracité de la théorie darwinienne…

Cinquième épreuve, arriver à respirer dans les relents de chlores et de produits désinfectants rependus généreusement avec des arrosoirs, façon épandage agricole de lisier, pour étouffer dans l œuf toute velléité champignonnière…

Sixième épreuve, rentrer dans l’eau et participer à la liesse générale. Car oui, on vous promet les tropiques mais le concepteur a dû s arrêter sur sa route vers Marseille car la température de l’air est plus proche d’un souffle de mistral au mois de mai que d’un simoun dans le désert… et l’eau est à peine aussi chaude que la manche au moins d août, la moitie sans doute de la température la plus basse enregistrée aux Maldives. Donc surtout ne pas claquer des dents, entrer fièrement dans l’eau  et se laisser porter…au sens propre car a peine trois orteils engourdis trempes dans l eau, le gentlegay se fait immédiatement happer par la rivière infernale et se transforme en boule de flipper façon post chavirage de rafting costaricain…après on enchaîne avec la rivière de l’age des glaces, car elle passe par l’extérieur où il fait juste moins 2 et où la fumée qui s’en dégage  n’est pas due à la différence de température entre l’eau et l’air mais bien à l’expectoration violente et collective de la foule sous l’effet du froid…et pour finir un peu de toboggans où dans le noir, le dos griffé par les jointures des plaques on pourrait se rêver dans un donjon sado maso..ça maso c est sûr…

Dernière épreuve, s'en être sorti avec finalement un sourire  assumé car, après tout, veni vedi vici et avec des amis et des enfants, c’est quand même pas mal du tout…

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17 novembre 2010

L habit fait le moine…ou pas…

Ne pas être là où on l’attend, telle pourrait être une des devises du gentlegay.

Oh ne vous gaussez pas en vous disant, ben si!, on sait où le trouver : vernissage, soldes privées, cocktails, défilés, petits dîners entre gentils hommes de bonne compagnie…facile…

Oui, c’est sur, enfin peut être, quoique, mais pas que…

Pire qu’être convenu, pour le gentlegay le faux pas serait d’être prévisible…

Et donc, quoiqu’en dise le fameux proverbe «  l’habit ne fait pas le moine » c’est justement parce qu’il le fait, si bien, que le gentlegay, parfois, s’amuse de la création de légers malentendus…

Ce matin là, dans un état d’esprit cocoon, le gentlegay décide de se lover dans un pull au delà de l’extra large, disons méga-supra-large, en fait un pull qui… allez, si vous le voyez, feront naître des commentaires au pire « tiens on dirait le gilet serpillière du père noël est une ordure », au mieux « oh on dirait une robe tricotée façon Rodier »… ce à quoi je répondrais que c’est une pièce de haute volée couturière, permettant de remettre en cause les proportions traditionnelles du vestiaire masculin le plus basique, le pull irlandais ! Où comment porter de la maille à grosses côtes sans avoir l’air de revenir d’une partir de chasse alcoolisée dans la tourbe ni d’avoir l’air d’un beauf – non je ne fais pas de mauvais esprit, beauf comme beau-fils bien sur – le lendemain d’un noël familial et à qui sa belle mère aurait voulu montrer ses talents de tricoteuse effrénée…mauvais aiguillage…

 Bref, le gentlegay revêt donc cette pièce de haute fashion avec en complément des basiques – point trop n’en faut tout de même - un jean brut et des baskets. Allez hop direction le boulot dans ce qu il qualifierait, lui, d’une tenue camouflage au sous titre évident : fichez moi la paix !

Mais, événement imprévu, le voilà au cours de cette journée, appelé pour un brief avec une agence de pub. On est loin de l’envie d’être passe muraille, là on se rapproche plus de l’escalade de celle de Chine…

Il entre donc dans la salle de réunion où siège, telle une confrérie, un ensemble de bobo pubards – avez-vous remarqué que la contraction  de ces acronymes donne bobard, les mystères impénétrables de la dialectique – et là, 6 paires d’yeux lunettés de montures rectangulaires en acétate noire, surmontant une barbe de 3 jours faussement négligée, abandonnent la luminescence de leur écran macpro pour se braquer sur lui. Ils sont tous revêtus de leur habit de cérémonie à la gloire de la créativité : jean brut ajusté, baskets colorées, tee shirt graphique, gilet twin set gris…

A leur regard scrutateur, interloqué, ironique voir carnassier - un comble pour les pubarbs pourtant normalement si vegi trendy - le gentlegay sent bien que l’intronisation en tant que chevalier ségélaien de l’ordre du slogan primable à Cannes, ça va pas être pour tout de suite…

Je les sens prendre une inspiration, sans doute pour renifler les quelques grains de coke suspendus à leur poils nasaux : Comment ? un client n’est pas systématiquement en pantalon noir chemise blanche avec ou sans cravate selon son grade et son audace ? L habit faisant le moine, avons nous affaire à un personnage lunaire et pas fiable – vu qu’il semble ne pas savoir laver ses pull à l’eau froide et les distants systémiquement ? ou a un doux dingue – sous entendre il a pas l’air de mordre et on va le berner à l’aise, réflexion primale chez tout bon commercial de pub évaluant sa marge potentielle dès l’arrivée de son client… 

Sauf que l’habit justement ne fait pas le moine …la réunion avance et on arrive au point crucial du casting pour le chien et là ben il se trouve que le personnage fantasque, habillé dans un parachute tricoté pur laine, outre être le marketing plutôt réfléchi que l’avancement de la réunion a dévoilé est aussi véto, ce que s’empresse de hurler sa boss, et donc le casting du chien c’est son affaire ! Je vous passe la gène passagère de ce déballage hiérarchique car elle a été instantanément balayée par la jubilation de revoir les yeux lunettés se tourner vers le gentlegay avec, faisant leur, l’expression Eve-Angéli-que « Mon rôle ça va être de réfléchir à voix basse dans ma tête. »

Ce à quoi le gentlegay ne répondra pas « Blonde, on me soupçonne plus bête que lorsque j'étais brune » mais bien que c’est dans les multifacettes d’une boule disco que se reflètent le mieux sa personnalité…plurielle et inattendue.

 

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07 novembre 2010

Coatching

Le gentlegay se fait coatcher…

Non, pas par un coatch sportif à la mâchoire carrée et au discours variant entre le cri du sergent sous la pluie ordonnant à son petit merdeux de soldat de faire plus de pompes dans la boue s’il veut espérer être un homme et celui enjôleur du sadique qui vous fait croire que les crampes s’est bon pour le moral…

Non plus par un coatch en relooking. Alors là stop ! Le gentlegay est un relookeur à lui tout seul, comptabilisant déjà un certains nombre de chefs d’œuvres de remise en visage humain dont même Christina serait jalouse…

Non plus par un coatch financier, ça c’est peine perdue, tous ceux qui s’y sont essayés se sont pendus devant l’ampleur du déficit…

 Le gentlegay se fait coatcher au boulot. On le lui a vendu comme un privilège qu’on lui faisait à lui pauvre petit cancrelat hiérarchique, un cadeau d’un inestimable valeur – en fait très estimable puisque faisant office de palliatif à une augmentation annuelle accordée à minima.

Comme lui a dit sa boss « si tu veux progresser, ce qu’il faut changer c’est ton fond, tu es trop gentil, il faut apprendre a être un dur » ah bon je ne savais pas que le côté nanar couillu des années 80 avait encore la cote comme archétype managérial… « oui, tu comprends, un bon manager doit savoir scotcher des gens au mur et pour se faire respecter il faut que ça saigne » ah ça c’est GI jane qui parle… le gentlegay étant plus habitué à Barbie ça lui fait un choc « bref ça te ferra du bien et puis ça nous permettra de comprendre ce qui s’est brisé en toi dans ton enfance et pourquoi tu as autant besoin d’amour ». Ah, je savais pas que la psychanalyse de groupe était une des clef de la réussite en entreprise… bizarrement vie privée vie publique le gentlegay pensait que c’était normal de les séparer sinon il aurait direct fait appel à Mireille Dumas…elle semble avoir fait des émules d’ailleurs, une nouvelles façon de concevoir la promo canapé : pour progresser tu t’allonges toujours, tu te mets à nu, ton intimité est fouillée mais il ne s’agit que de celle de ton esprit, ouf le corps est sauf…

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14 août 2010

Centerpark

Cet été le gentlegay a décidé de partir en vacances à …Centerpark !

Quoi, vous étouffez-vous entre deux gorgées de mauresque, boisson par excellence en cette chaleur d’un août automnal et qui vous permet de vous offrir un pastis sans passer pour un Raimu en terrasse parisienne…Que lui arrive-t-il ? Son banquier lui a-t-il enfin fait remarquer que plus de 3 zéros sur un découvert ça commence à faire une somme et que Madoff est passé par là aussi avant la case prison sans repasser par la case départ.. Le gentlegay s’est –il enfin décidé à faire des vacances comme monsieur tout le monde, dans un environnement familial et chaleureux - comprendre entre éclaboussures et vachissements de nourrissons, entre serviettes de plages piétinées et relents de sandwich pâté plus fermenté que confit dans une fausse chaleur maîtrisée à +35degré… Ou alors tellement conditionné par son enfermement annuel parisien il n’a pu échapper à son destin de Truman et tel un loftien permanent il a eu besoin de faire son show sous cloche même en vacances ? Ou enfin, peut être est il en pleine étude socio-anthropologique et qu’après avoir fait une revue historique complète des grandes migrations vers le sud des années 30 il a décidé de découvrir tel un Martin Parr de la tendance cette nouvelle société des loisirs préemballés…

Et bien je tiens à vous le dire, mais vous vous en doutiez, rien de tout ça ! Non, le gentlegay est parti à Centerpark…enfin à ce qui a servi de modèle à centerpark, un centerpark un peu moins cocoon et prémaché, un peu plus roots et sauvage, bref  plus Indiana que Jacki : en pleine jungle Costa ricaine.

Alors je me dois ici de vous donner quelques tips si vous aussi un jour vous souhaitez vous transformer en explorateur patenté et éviter le côté pintade à la recherche d’émotion forte qui a pu caractériser un peu le gentlegay pendant ses vacances…

  1. N’oubliez pas vos boules quies. En effet, en bon urbanistas, vous êtes sans doutes habitué à toute sortes de bruits nocturnes devenus rassurants au fil des années tant ils peuplent votre sommeil : pétarades de quéqué en mob, vociférassions d’alcooliques, feulements d’ébats sexuels reproductifs conjuratoires de la trilogie métro-boulot-dodo, klaxons d’excités imbibés ou de supporters de foot, sirènes de forces essayant de faire régner l’ordre etc etc mais par contre vous n’êtes certainement pas habitués à un tintamarre beaucoup plus naturel, celui des animaux de la jungle en pleine effervescence de vie. Tel un bon Walt Disney revu à la sauce Burton vous aurez droit à un concert choral de singes hurleurs, à un angoissant ballet d’élytres et de mandibules d’insectes volants, piétinants ou grignotant, plus toute une série d’autres bruits dont vous ne voudrez même pas connaître l’origine mais qui vous rappelleront que vous n’êtes qu’un maillon de la chaîne alimentaire… et pas forcément le dernier…
  2. Faites votre testament. Et oui il serait dommage que votre collection de vintage Mugler finisse chez l’abbé Pierre, pensez à tous vos amis no look qui pourraient enfin briller et trouver une place dans la société grâce à vous… car il y a de fortes chances que ça arrive, la destination finale je veux dire : kayac au fil de la mangrove peuplée de crocodiles façon Nicolas Hulot sans hélicoptère de secours, rafting sur le rio de la mort qui fracasse les cailloux alors vos vertèbres vous pensez, accro branches dans les sommets de la canopée pendu tel un tarzan d’opérette à un mince filin, plongée avec courants glacés ascenseurs express vers la surface sans arrêt possible au palier de décompression pourtant fortement recommandé, éclairs et orages tonitruants, volcan cacochyme qui crachote de la fumée mais aussi quelques flammes sulfureuses à l’occasion…ça des aventures vous en avez voulu, vous serez servi. Au moins soyez rassuré quant à l’issu de ce voyage, votre mort sera forcément événementielle.
  3. Faites une razzia chez le vieux campeur. Ah oui vous pouvez tel le gentlegay tenter le voyage en converses et bermuda en lin, c’est un choix, certes pas le plus pratique pour affronter l’hostilité de la forêt vierge mais chic dans toutes les situations. Après tout Saint Laurent faisait bien défiler des sahariennes… oui mais là encore vous êtes plongé dans la vraie vie : geysers volcaniques brûlants, boue briseuse de chevilles, escalade à l’humidité savonneuse, pluie tropicale albardesque, rien n’est vraiment conçu pour sauver votre attitude fashion…autant donc être équipé en matériaux gortex et polaires de toute sorte qui seront certes moins flatteurs (quoique après une pluie tropicale si, avec force imagination, votre look pourrait à la limite ressembler à du Yamamoto hypersize effet froissé plissé, la réalité c’est que vous serez plutôt rangé dans la case gypsie crado clodo) mais qui pourront s’avérer protecteurs de votre vie…

Si malgré tout ça vous êtes toujours partant alors le gentlegay vous dit foncez, vogue la galère, enfin le rafting (quoique après expérimentation il s’avère que le rafting ne vogue pas très très bien et à même furieusement tendance à vouloir jouer du double flip renversant) ce sera une aventure en cinémascope : gorille dans la brume, jurassic park, rio bravo, à la poursuite du diamant vert, le seigneur des anneaux…vos vacances en technicolor ! 

 

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09 août 2010

GI Jane

Le gentlegay s’est pris en main ou plutôt s’est mis un bon coup de pied dans son appendice fessier devenu tellement turgescent qu’il menaçait de déborder de son jean slimanien pour ressembler à un postérieur façon RnB caleçon apparent – so fashion faux pas : après avoir décroché son sésame ouvre toi d’une salle de sport, il a décidé de ne pas seulement exhiber ce pass VIP négligement aux coté de sa carte club2000 air France et de sa crate de fidélité Colette mais aussi de l’utiliser vraiment pour faire du sport.

Vous vous dites : comment ça ! il s’est vraiment mis à transpirer et à exsuder une odeur acre hormonale au milieu de machos dont le tour de bras est équivalent à son tour de cuisse… et bien oui, pas à pas, le gentlegay a en parti dénudé son corps diaphane, le protégeant d’un nuage de textile technique. Il a chaussé une paire de puma by Mihara Yusihiro, a enfilé un TShirt d’université américaine – code cultuel de la secte des grands sportifs internationaux – un short antitranspirant, antirougeurs antifatigue, expérimenté lors d’une expédition dans l’everest par un plongeur en apnée, et s’est aspergé de Musc by Kiels, bref il a revêtu son armure pour aller affronter ces gladiateurs modernes… et dieu sait qu’il aime les films de gladiateurs… mais là, d’un coups, en vrai, cette réalité augmentée virile testostéronisée avait quelque chose d’angoissant…

Premier cours, cycling, Fast and Furious, ça sent la bonne dépense, enfin bonne je ne sais pas, car si une partie de mon cerveau bilingue m’a bien indiquée que fast et furieous laissait présager un cours proche d’un boot camp de l’armée américaine, une autre partie motivée par l’arrivée d’un été en maillot me fit passer outre en décrétant « qu’il fallait souffrir pour être beau »…je ne suis pas contre cette bonen vieille maxime populaire, mais il n’a jamais été dit que le degré de souffrance devait atteindre l’insupportable ! car l’excercice sportif s’est transformé en Prison Break : tenir le coups ou s’évader telles étaient les 2 seules options, sauf que impossible de s’évader donc...

Enfermé dans un bunker noir, de la musique à l’electro divagant plein les oreilles (niveau de décibels proche d’une déflagration atomique)  et moi en train de pédaler suant plus de sang que d’eau, en pleine apoplexie sous les hurlements du GI qui tient lieu de coatch, pantalon de jogging remonté sur des mollets bronzés et tatoués, la lippe arrogante, le biceps saillant et tellement fantasmatique de masculinité et la gouaille militaire, à la fois sex et malsain…c’est fou les efforts qu’on peut faire pour plaire à son tortionnaire sexy, syndrome de Stockholm vous avez dit ?

Au bout de 45min – c’est long à vivre pour un infarctus - à subtilement tricher en diminuant la résistance à chaque fois que Bruce demandait de l’augmenter car « on n’est pas des mauviettes » ou « plus vite mais plus vite je te dis » ou « allez cette chanson c’est ma préférée alors on va tout faire péter » ou « c’est pas un petit effort supplémentaire qui va vous décourager hein les gars (souhaitait-il seulement la réponse ?) », il ne manquait que le fameux «c'est pas un sport de PD »... euh ben justement... je me suis retrouvé essoufflé, éreinté,  pantelant, le visage décomposé, la trace de la marque du guidon en blanc sur mon front rouge tomate, mes vêtements bons à être essorés par la mère Denis et juste rêvant de red bull en haute perfusion… le général Bigeard a alors annoncé « bon pas mal ce petit échauffement, allez vous restez pour le cours d’après et on se revoit ensuite demain » euh ben moi perso ce sera plutôt yoga et Pilate, mais pas avant une semaine hein,  histoire que mes poumons se rappellent déjà à mon bon souvenir…parce que GI Jane c'est un film et que Demi elle, elle est en perfusion d Ashton alors ça conserve....

Mais il restait encore au gentlegay bien d’autres jeux du cirque à expérimenter…à suivre….

 

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13 avril 2010

Docteur Dolittle au bureau

Le gentlegay ayant eu l’idée saugrenue d’avoir un jour joué au Docteur Dolittle – devenant ainsi le spécialiste du réchauffage corporel par fist fucking de vaches lors des rigoureux hivers campagnards - une de ses collègues, dont l’hypocondrie ferrait passer celle de Michel Druker pour une tocade légère, a décidé de le prendre comme médecin bien malgré lui… après tout soigner une vieille carne n’est-il pas du ressort d’un vétérinaire? Une situation embarrassante s’il en est… d’autant que le gentlegay n’a en fait pas exercé depuis l’obtention épique d’une thèse au sujet controversé, le marketing du bio. Commentaire du jury « mais vous ne prouvez même pas que le bio est meilleur pour la santé » , réponse de l’intéressé « euh ben non parce que le but de cette thèse est de démontrer que c’est ce que les gens croient, que c’est donc un vrai sujet de société dont il fau s’emparer en cosmétique (thèse datée de 2001, je sais j’ai toujours été un visionnaire…) pour développer des opportunités commerciales, non? car la réalité mesdames les membres scientifico-gaucho-caviardobio du jury c’est qu’au-delà de notre débat théorético-cornellien, dans la vraie vie, il suffit que les gens croient à quelque chose pour qu’on leur fournisse des produits à haute valeur ajoutée qui surpassent même leurs désirs les plus non exprimés mais essentiels…. » ils en sont restés pantois…

Bref, me voici donc promulgué consultant es santé personnelle, comme quoi la farce moliéresque n’attend pas le nombre des années.

Un mal a l ‘œil, hop je pronostique un orgelet naissant ou une allergie, bing je tombe juste, ma quotte grimpe…

Et là, grippe aviaire, phantasmes et pandémie, développement d’une culture virale – c’est à dire dans le cas présent lancement de recherches actives buzzisée sur internet à propos d’un virus – quand les chants sémantiques se croisent c’est l’académie qui s’emberlificote le dictionnaire….

Après avoir découpé tous les articles que je trouvais afin de les lui offrir pour apaiser son ogresque appétit sur le sujet, lui avoir enseigner à sa pressente demande comment vacciner ses propres enfants - démonstration à l’appui avec un critérium dont j’enfonçais sadiquement la mine non rétractée dans la chaire de son bras – ce qui fut inutile puisqu’elle dû s’y reprendre façon folie bouchère de Chaillot – un rôle de composition - à trois fois, je pensais avoir épuisé le sujet des grandes épidémies de ce siècle, furoncles buboniques et cholera compris, je pensais donc en avoir fini…

Et c’est alors que le bout de mes surprises arriva, un soir vers 9h, alors que je ne pensais qu’à fermer mon ordi pour enfin allez retrouver mon plaid en cachemire et un dvd, elle entre dans mon bureau et me sors cette phrase mythique

« Euh, tu crois qu’on peut faire quoi quand le périnée lâche ?… »

Comme ça sans préambule, à froid, avouez que ça a de quoi être perturbant ce genre de déclaration gynécophile non ?

Le conseil du gentlegay si cette situation vous arrive au bureau : soit vous vous dites que vraiment les écrans d’ordinateurs envoient des ondes magnétiques perturbant le cerveau et donnant des hallucinations et que vous allez aller vivre en suède où la maladie des ondes est reconnue et remboursée par la sécu et que vous n’approcherez plus un ordinateur qu’en étant  recouvert d’aluminium et encore à condition que l’unité centrale soit enterrée  – mais là vous vous dites que Paco Rabane c’est so over 80s que ce n’est pas possible - soit vous vous dites que les acouphènes, dus aux boules quiess journalièrement nécessaires pour obtenir un minimum d’isolement dans un immeuble parisien, ne sont pas une légende, soit la dure réalité s’impose à vous : ceci est une vraie question bien réelle et qui attend une réponse….

« Euh, alors, comme dire, darling : joue de ton agilité digitale ou entraîne ton canard vibrant à faire coin-coin - non c’est pas très politiquement correct - va voir ton gynéco – mais comme vous êtes sensés être son médecin personnel c’est discrédibilisant - reste donc cette réponse évasive : bas oui tu sais le périnée ça se rééduque avec un appareil électrique genre génération Lova Moor … »

Et la vous remarquez bien qu’il ne faut absolument pas faire suivre sa réponse d’un pourquoi…

De toute façon pas besoin car entre sa patiente et son médecin – la notion de collègues ayant ici totalement et depuis longtemps été éludée -  pas de fausse pudeur  et donc elle enchaîne : « ah c’est intéressant car le mien est en train de lâcher, 3 grossesses tu comprends, donc en ce moment c’est difficile, dès que je ris ou que je m’énerve - soit vu son cyclothymisme ambiant une succession rapide et répétée de séquences de ses 2 activités quotidiennes favorites toutes les 15s - je me mets à faire pipi dans ma culotte et je suis obligée de fuir aux toilettes (elle ne remarque pas le jeu de mots qui me fait mordre au sang mes joues pour ne pas rire, y compris de l’ubuesque de la situation)

Bon en tout cas ça me rassure, je vais voir ce que je peux faire, encore merci pour cette discussion du soir-bonsoir (je rajouterais bien mais non je ne suis pas folle vous savez mais c’est copyright Foresti)….

Ça c’est sûr, elle peut avoir confiance – comme les couches qui lui seront bientôt nécessaires – dans les avis médicaux du gentlegay…

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30 mars 2010

Orange pressée

Le gentlegay a décidé de prendre l’air.

Il se trouve que « décidé » est sans doute un doux euphémisme… disons qu’il s’en est senti contraint, se sentant  trop pressé – ici le mot pressé revêtant un double sens:

- pressé car n’ayant même plus le temps de cultiver sa social life, ce qui correspond métaphoriquement dans son cas à l’équivalent de la mort d’une étoile, elle brille certes encore mais ses amis observateurs savent que c’est en fait déjà fini… en une semaine je ne pouvais en effet que comptabiliser une soirée à l’opéra, mon cours de yoga et un seul dîner, soit 4 soirées sans rien d’autre que des heures volées overbookées par le travail. Et de rentrer chez moi après un détour soupe covent garden mangue fraîche chez Monop, ouvert, à la bonne heure – c’est à dire minuit - dans mon quartier, histoire de sustenter des touristes backpack horrifiés par les prix montmartrois qui font passer un club sandwitch pour de la haute gastronomie française et une coupe de mousseux stripée  pour un bain de Dita dans son cosmo, des travailleuses des trottoirs dont l’activité marathonienne creuse ou des bobos arty chic qui se sentent les nobod de certains soirs de la semaine – comprendre ici moi, le gentlegay…

- mais aussi pressé par une boss travaillomane-maniac-phile et olic bref dont tous les suffixes d’addiction ne sont rien par rapport à sa profession de foi qui est : « arraches toi tripes et boyaux et ceux de ton équipe par la même occasion pour les mettre en offrandes sur l’autel d’un activisme capitalistique surdimensionné afin que des dividendes honorifiques, à défaut des pécuniers qui eux vont aux retraités joueurs de golf de Californie, te soient versés rubis sur l’ongle – ce qui veut dire décrocher un hochement de tete d’assentiment du PDG déifié et être comparé à Sigourney dans Working Girl… »

Quand on voit comment finit l’histoire… et puis les années 80 ont beau être de retour, c’est plus pour les épaulettes et les créoles qu’il faut les adopter que pour un style sévèrement burné archi ringard chérie… Du coup à être ainsi oh combien-pressé le gentlegay ressemblait de plus en plus à une peau d’orange flétrie et flippée après que tout son jus ait été vampiriquement ingurgité par une rédactrice de mode en mode no caféine durant la fashion week… c’est à dire pour être précis que sa peau était en train d’en prendre exactement l’aspect :  eczéma, mycose et cernes, trois tares dermatologiques du plus mauvais goût, et qui lui font dire qu’il était en train de se débiner en morceaux, elle etait en train d’avoir sa peau au sens littéral – c’est fou comme les proverbes et la somatisation font bon ménage…

Ah vous dites vous, vu son état voilà notre gentlegay sûrement parti en cure ayurvedo thérapeutique, à se baigner dans des vapeurs camphrées, enveloppé de serviettes en lin bio et ne mangeant que des aliments transparents… à moins que, vu la saison, ce ne soit  Méribel, Meuh-gève (avec l’accent adéquat) ou encore plus chic Gsatt, non pas pour skier - trop commun - mais pour des injections transcutanées de jus d’edelweiss, et un rinçage pupillaire à base de chromatothérapie blanche : doudounes et visons blancs sur neigeux blanc, neurologiquement so apaisant … 

Et bien pas du tout, quand le gentlegay décide de prendre l’air il chausse ses Wayfarer rouges, impression plan de métro new yorkais à l’intérieur des branches - une édition limitée - et file à l’autre bout du monde, pour un voyage parfaite combinaison du roots et du luxe, de l’incongru et de l’absolu… Cette fois-ci direction les antipodes, et devant tant d’incivilités quotidiennes, l’extrême du monde civilisé, Ushuaia, direction donc l’Argentine, Buenos Aires, sa campagne façon gaucho et un détour par une Patagonie toute pagnynienne… Et au programme, viande rouge et malbec 2 fois par jour, meilleur pour renouveler son sang que toutes les oxygénations extra corporelles de la clinique la prairie, promenades à cheval dans la pampa et exploration extra polaires des glaciers à la rencontre des pingouins… because here at the end of the world, the beginning of another…

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28 mars 2010

Le Gypset

À votre avis, quel type de voyageur est le gentlegay ?

Un vrai baba-roots ?

Ça vous avez du mal à y croire…

Il est vrai qu’il lui manque un tatouage maori autour du biceps. Il aurait été réalisé lors d’une soirée chamanique où le prêtre, après avoir taillé une branche de cocotier avec ses dents et l’avoir trempée dans un mélange d’encre de sèche et de sang de poulet aurait ainsi immortalisé avec ce dessin rituel l’accession du baba-roots à la tribu des courageux explorateurs…bon en même temps vu que la plupart du temps ce genre de tatouage est plutôt fait au 4eme sous sol d’un atelier du marais, à la chaîne, et qu’en plus c’est devenu un signal marqué au fer rouges d’une jeunesse too 90s… certain auront beau faire du botox, ce petit signe dans les années futures révèlera leur date de naissance plus sûrement que leur carte d’identité…

Pas non plus de tatouage épousant parfaitement le galbe d’un de ses mollets bronzé. Certes plus actuel, les latitudes parisiennes ne permettant d’exhiber au mieux ses mollets que 2 mois par an, la souffrance n’en vaut pas le coup, sauf pour faire tourner les têtes - dans tous les sens du terme - dans un club de sport chic de la capitale…

Pas non plus de montre avec 45 cadrans donnant l’heure lunaire même à 20 mètres sous l’eau, histoire de se confondre en apesanteur… c’est gros, c’est moche et l’utilité au quotidien de ce genre d’objet de 130 kilos est plus que douteuse, sauf en cas de visite au musée Grevin pour se sentir complice avec le commandant Cousteau et Neil Armstrong… le gentlegay a pourtant failli se laisser tenter par une boussole depuis qu’il a vu un couple en goguette se prendre pour des aventuriers d’une course au trésor koh lantesque dans les rues d’un petit village argentin...

Pas non plus de look savant métissage de crocodile Dundee et d’Indiana Jones, comme si partir en voyage impliquait forcement de s’habiller dans en total camaïeu kaki - qui ferrait passer un imprimé militaire pour un imprimé haut en couleur façon Lacroix - avec des tonnes de poches disposées aux 4 coins de son anatomie et un sac à dos façon paquetage avec chaussures de marche et gourde apparente - les files d’aéroport ressemblent d’ailleurs de plus en plus à des bataillons de la 4eme garnison de mont-de-marsan en pleines manœuvres. Son sac à lui ne contient pas non plus une polaire béante et informe, rouge clownesque, pour les grands froids, ni un pantalon aux jambes amovibles pour les canicules, pas plus qu’un canif, trophée déniché au vieux campeur, et faisant trousse à joujoutils, établi compris.

À noter que comme touche de fantaisie, le gentlegay, lui, n’arbore pas une dent de caïman en plastique pour impressionner la donzelle es personnel de bord de l’avion ou repousser toute attaque anthropophage indigène…

Enfin il lui manque surtout ce sans quoi le baba-roots ne serait pas, l’accessoire principal, la compagne baba-roots, icône néo hippie-chic : cheveux faussement grasso-crado-emmêlés façon beach cool de john Frieda, sarouel Isabelle Marant, spartiates en cuir naturel à peine tanné et accessoires chinés à Goa lors d’une moon partie trop improvisée ou passage Brady…

Par contre je suis sûr que vous imaginez le gentlegay très jetset, à partir uniquement dans des hôtels 5 étoiles, avec chauffeurs pour assurer les transferts aéroport - kibboutz de luxe et éviter tout contact trop rapproché avec des autochtones, qu’il y passera ses 2 semaines enfermé, allongé sur un matelas à eau starkien ou du mobilier exclusivement en teck, à siroter des mojitos champagne avec pour seule préoccupation d’alterner savamment massages au pierres chaudes et jacuzzis aux fleurs d’ibiscus afin de préserver l’harmonie de son chi, enduit de crème IP30 pour suffisamment bronzer sans pour autant compromettre son capital soleil…

Vous pensez aussi sûrement qu’il est systématiquement obligé de payer des suppléments-bagages – en sus des 25kilos supplémentaires déjà octroyés par sa carte gold+ - pour ses 5 malles et son vanity Vuitton….

Et bien, non ! Le gentlegay lui, se définit comme Gypset, qu’est ce encore que ce barbarisme ? simplement la définition de son travel style : gypsie jet setter. Il va ainsi dans des endroits sauvages, perdus, voir hostiles – Mongolie, Namibie, Patagonie - mais avec chic et classe : tongues havainas achetées au brésil pour affronter le chaud, sinon converses from NY car impossibles à trouver à paris ou puma vintage pour les vrais expéditions. Pour le reste, 1kg de bagage par jour maximum, suffisant pour donner le change 2 fois par jour tout en permettant son transport manuel lors de déplacements phileasfoguiens hôtels-avions-pirogues-elephants. Sa valise se compose de chemises en lin, sahariennes kenzo et pantalons thaï pour le désert, de pulls en cachemire Gap légers mais moelleux et confortables pour les glaciers, un jean Seven pour la journée, un APC pour le soir et toutes une série de fringues des collections des années passées qu’il regrettera moins en cas de perte du dis bagage et de pièces shoppées sur place…

Pour établir son parcours, un lonely planet dans une poche, le walpeper dans l’autre, histoire d’alterner gargottes de charmes et établissements gastrochics, boutiques hôtels et hosteria typiques. Seules règles d’or du gypset : jamais dans des hôtels de chaînes tu ne dormiras (exceptés ceux des leading hotels of the world), jamais de cuisine internationale tu ne mangeras et toujours les spécialités étranges tu goûteras (lait de jument fermenté, oryx, viande de chèvre fraîche…), des marques locales uniquement tu shopperas…

Car le plus important en globetrottant c’est 1. de garder le sens de l’autodérision pour éviter d’entendre comme aujourd’hui  « accent pincé parisien – oh nous ne descendons que dans des hôtels déco, alors ce rustique coloré– à plusieurs centaines d’euros la nuit – nous change, c’est charmant »  2. Ne jamais être blasé  « Y a pas à dire, NY ce n’est plus ce que c’était… » et surtout 3. Toujours vouloir se laisser surprendre…

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11 mars 2010

Sportissime

Le gentlegay a décidé qu’être pur esprit c’était bien mais que si les anciens disaient « anima sana in corpore sano » ce n’était pas sans raisons et il a donc décidé de s’inscrire dans un club de sport…

Non non non je vous rassure, tout de même pas dans l’optique de se gymqueeniser et d’entrecouper chaque soulevage de fonte par une piqûre de stéroïdes, histoire de ressembler à une brebis Dolly hyperproteïnée.

Ce n’est pas son style, quoique que la métamorphose Marc Jacobienne de modasse en gymqueen aurait pu lui servir d’exemple initiatique… Mais 1. Il faudrait sans doute qu’il consomme toute la réserve d’hormones de croissance d’un cheptel de veaux américains avant de voir le moindre muscle pousser sur son corps, 2. Merci bien, mais après tu ne peux plus rentrer ni dans un slim ni dans la taille que tu trouves encore en solde chez Givenchy, 3. L’exhibitionnite aigue des musclettes qui ne peuvent s’empêcher d’ôter narcissiquement leur tee shirt à la moindre occasion n’est pas viable dans une vie parisienne de tous les jours (en dehors d’un emploi de videur, gogodanseur, mannequin ou coatch sportif) 4. L’intérêt, c’est que les autres le soi pour en profiter mais soi ? C’est comme un appart, il veut mieux vivre dans celui des années 70 et avoir vu sur le haussmannien que l‘inverse… tant de bonnes raisons donc et puis, ok, une pointe de jalousie sûrement devant ces corps torrides et lacifs qui ondulent sous les douches, la mousse dégoulinant sur les valons de leurs torses, au son de Barry White…euh je m’égare là, Ally McBeal sort de ce corps…

Non, le gentlegay s’est inscrit au sport pour évacuer le surplus de macarons Pierre Hermé qui l’empêche de fermer son jean benchmark de quand il avait 18ans, et pour évacuer le stress d’une vie urbaine saturée de champagne et de jetlag…ça encore c’est dreamland comme vision…euh disons d’une vie urbaine où la travaillite aigue de sa boss dessein sur son bien être moral à lui…

Je me suis donc rendu dans LE club parisien par excellence, reçu nez en l’air, accent pincé-pimbêche, et d’un « chérie mais il y a une liste d’attente pour entrer chez nous »… 

Plus select qu’un physio de chez Régine, la grande prêtresse de l’accueil, toute droit sortie de sa banlieue, sur des talons de 14 qui ont lui ont fait prendre trop d’altitude et ont ainsi provoqué une sur-oxygénation de son égo - à défaut de son cerveau – ne semble pas très encline à ouvrir au gentlegay les portes de ce temple dédié au corps et au bien être de ceux qui comptent à Paris… ah désolé, je croyais que comme j’allais déjà payer l’équivalent d’au moins 4 paires de Manolo, je pouvais au moins commencer tout de suite, non ?

Pour commencer une visite s’impose. Ce club est si différent de ce qu’on trouve habituellement – blague à part, comme vous allez le lire, ce n’est pas totalement faux, vu qu’à Paris la plupart des clubs de sport sont des caves réaménagées où l’air conditionné remugle d’effluves de testostérones et où, entre douches et champignonnières, il n’y a qu’un pas qu’il vaut mieux franchir en Moon boots…

Certes donc ce club est ultra design. De là à s’entendre dire qu’il a fallu s’inspirer de ce qui se fait à Londres, NY et même en Nouvelle Zélande…il y a légère hyperbole… Un joli appartement avec parquet pointes de Hongrie et dont la fantaisie décorative consiste à avoir fait apparaître les mur nus en briques…je pense que même Valérie Damidot se gausserait d’avoir à faire 24h d ‘avion pour trouver une telle idée…

La visite se poursuit avec la visite du bar, où un apprenti Tom Cruise passe sa journée à mixer du lait de soja bio avec des poudres de protéines d’élevage de poisson – les yupies parisiens veulent gonfler mais, attention, pas avec du lait de vache ! il paraît que ça terni le teint, alors que les poudres de protéines ça c’est übersain…

Le reste ressemble juste à un club de sport classique avec des appareils de course et des vélos faces à des fenêtres grandes ouvertes sur des rues où de vrais gens font du vrai vélo pour se déplacer d’un endroit à un autre, avec des appareils de tortures musculaires et des glasses perfides pour refléter le pauvre apprenti en train de suer à côté d’un dieux de stade qui sourit à ses biceps veinés…

Par contre il y a  de la place, on ne se piétine pas les uns les autres à faire des queues qui ferraient hurler n’importe qui à la poste pour « tourner » sur la même machine… Et surtout la population, banquiers, médecins, avocats, fleure bon le savoir vivre ultra bright et le dress code Stella McCartney pour les filles, total look Y3 pour les mecs…

Voilà une visite qui ne pouvait que séduire le gentlegay vous dites vous.  Il est vrai que la traditionnelle promiscuité virile des douches étant remplacée par un prélassement dans des cabines individuelles en mosaïque Bisazza et verre dépoli a de quoi le séduire. Par contre le côté over frisque-élitiste lui a donné un cas de conscience. Juste le temps qu’il fallait pour qu’une place se libère sur la liste d’attente en fait… alors là, patte blanche, parrainé par une habituée accélératrice de la libération de place, un avis d’imposition et une carte black en caution, quelques produits de beauté échangés sous le manteau, plus rien de pouvait empêcher le gentlegay de devenir membre de ce club et d’attaquer sa remise pour les formes & tribus dus à toute parisienneté assumée... à suivre 

 

 

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09 mars 2010

Chromophobie

Le gentlegay est réputé pour son bon goût coloriel, évidemment lui qui a été bercé over the rainbow n’a pas son pareil pour savoir associer les couleurs, logique non ? : oser un rouge Valentino associé à un rose shoking Schiparelli comme YSL dans son temps, oser un jean jaune fluo avec un pull gris aux motifs bleu électrique sans tomber dans le fluokid de base…bref sortir de l’uniforme parisien noir pour voir la vie en rose, c’est son truc. Mais attention, la couleur est a manier avec précaution…

D’ailleurs une de ses collègues a franchi l’intangible frontière entre colorama et peinturlurage, aie, que dire…. Un jour, en plein milieu d’une réunion, alors qu’elle était en train de se reblusher pour la 4ème fois de la journée, faisant virer ses joues d’un rosé marqué à un rouge cramoisi couperosé, elle lui demande : «  dis moi, qu’est ce que tu penses de ma façon de me maquiller et des couleurs que je me mets… »

Gloups, avalage de salive difficile, non le gentlegay ne toussera pas, il préfèrera pleurer de son asphyxie en en faisant passer la conséquence lacrymale pour des larmes de joie d’une telle marque de confiance…

Mais quoi répondre ? Qu’à côté Annie Fratellini avait la main légère quand elle se dessinait son fameux masque clownesque, que Barbara Cartland dont le célèbre fond de teint dissimulant son lifting schaterton était un parfait exemple du maquillage nude ou que les années 80 et les ombres à paupières de Grace Jones étaient l’exemple même du pimpant frais et léger….

Pas très politiquement correct…

« Ecoute, je trouve que depuis quelques temps ta main s’est allégée et ça te va plutôt bien » ça lui fait surtout faire des économies, un tube de rouge à lèvres par semaine et un blush tous les 15jours, ça devait commencer à peser sur son budget familial, non ?

Là, brusque arrêt des ronds de poignet badigeonnant les pommettes :

« Qu’est ce que tu veux dire ? », regard lançant des éclairs, à moins que ce ne soit ce bleu pétrole sur ses paupières façon drame de l’Erika et marée noire s’étirant jusqu’aux tempes qui fasse comme une illusion d’optique, aveuglante…

« Euh non c’est juste que je trouve que maintenant que tu fais soit la bouche soit les yeux en fonction des heures de la journée, que tu appuies moins et que tu es passée dans des couleurs plus sourdes – déjà que je suis aveugle, il ne manquait plus que la surdité mais ça pour éviter ses questions j’en rêvais presque – et bien ça met plus en valeur ton teint blanc (cadavérique de femme overstressée overbookée, overdosée, de tout…) de porcelaine… »

Ouf, mensonge pieux et réflexe salutaire, tellement pas dans les habitudes du gentlegay…quoique… là, j’ai droit à un grand sourire cramoisi, encore élargi par un trait de crayon qui dépasse largement des lèvres pour les rendre évidemment pulpeuses – en fait si carnassières : « Je suis contente que tu l’aies remarqué, j’ai mis en application les derniers conseils de la cosmégirl de Biba : c’est hyper important pour une femme comme moi de donner la meilleure image d’elle même, énergique et débordée mais toujours parfaitement dans le ton »…

Que répondre ?  sourire complice, je m’éclipse de cette réunion boulot-Tuperware. Dans le ton ! Si elle le dit, en tout cas pour moi clairement pas dans le bon pantone… finalement, le noir et la chromophobie typiquement parisienne, si c’était non pas du snobisme urbain mais une protection élaborée contre la faute de couleur….

Posté par Le gentlegay à 01:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]