30 mars 2010

Orange pressée

Le gentlegay a décidé de prendre l’air.

Il se trouve que « décidé » est sans doute un doux euphémisme… disons qu’il s’en est senti contraint, se sentant  trop pressé – ici le mot pressé revêtant un double sens:

- pressé car n’ayant même plus le temps de cultiver sa social life, ce qui correspond métaphoriquement dans son cas à l’équivalent de la mort d’une étoile, elle brille certes encore mais ses amis observateurs savent que c’est en fait déjà fini… en une semaine je ne pouvais en effet que comptabiliser une soirée à l’opéra, mon cours de yoga et un seul dîner, soit 4 soirées sans rien d’autre que des heures volées overbookées par le travail. Et de rentrer chez moi après un détour soupe covent garden mangue fraîche chez Monop, ouvert, à la bonne heure – c’est à dire minuit - dans mon quartier, histoire de sustenter des touristes backpack horrifiés par les prix montmartrois qui font passer un club sandwitch pour de la haute gastronomie française et une coupe de mousseux stripée  pour un bain de Dita dans son cosmo, des travailleuses des trottoirs dont l’activité marathonienne creuse ou des bobos arty chic qui se sentent les nobod de certains soirs de la semaine – comprendre ici moi, le gentlegay…

- mais aussi pressé par une boss travaillomane-maniac-phile et olic bref dont tous les suffixes d’addiction ne sont rien par rapport à sa profession de foi qui est : « arraches toi tripes et boyaux et ceux de ton équipe par la même occasion pour les mettre en offrandes sur l’autel d’un activisme capitalistique surdimensionné afin que des dividendes honorifiques, à défaut des pécuniers qui eux vont aux retraités joueurs de golf de Californie, te soient versés rubis sur l’ongle – ce qui veut dire décrocher un hochement de tete d’assentiment du PDG déifié et être comparé à Sigourney dans Working Girl… »

Quand on voit comment finit l’histoire… et puis les années 80 ont beau être de retour, c’est plus pour les épaulettes et les créoles qu’il faut les adopter que pour un style sévèrement burné archi ringard chérie… Du coup à être ainsi oh combien-pressé le gentlegay ressemblait de plus en plus à une peau d’orange flétrie et flippée après que tout son jus ait été vampiriquement ingurgité par une rédactrice de mode en mode no caféine durant la fashion week… c’est à dire pour être précis que sa peau était en train d’en prendre exactement l’aspect :  eczéma, mycose et cernes, trois tares dermatologiques du plus mauvais goût, et qui lui font dire qu’il était en train de se débiner en morceaux, elle etait en train d’avoir sa peau au sens littéral – c’est fou comme les proverbes et la somatisation font bon ménage…

Ah vous dites vous, vu son état voilà notre gentlegay sûrement parti en cure ayurvedo thérapeutique, à se baigner dans des vapeurs camphrées, enveloppé de serviettes en lin bio et ne mangeant que des aliments transparents… à moins que, vu la saison, ce ne soit  Méribel, Meuh-gève (avec l’accent adéquat) ou encore plus chic Gsatt, non pas pour skier - trop commun - mais pour des injections transcutanées de jus d’edelweiss, et un rinçage pupillaire à base de chromatothérapie blanche : doudounes et visons blancs sur neigeux blanc, neurologiquement so apaisant … 

Et bien pas du tout, quand le gentlegay décide de prendre l’air il chausse ses Wayfarer rouges, impression plan de métro new yorkais à l’intérieur des branches - une édition limitée - et file à l’autre bout du monde, pour un voyage parfaite combinaison du roots et du luxe, de l’incongru et de l’absolu… Cette fois-ci direction les antipodes, et devant tant d’incivilités quotidiennes, l’extrême du monde civilisé, Ushuaia, direction donc l’Argentine, Buenos Aires, sa campagne façon gaucho et un détour par une Patagonie toute pagnynienne… Et au programme, viande rouge et malbec 2 fois par jour, meilleur pour renouveler son sang que toutes les oxygénations extra corporelles de la clinique la prairie, promenades à cheval dans la pampa et exploration extra polaires des glaciers à la rencontre des pingouins… because here at the end of the world, the beginning of another…

Posté par Le gentlegay à 01:54 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Orange pressée

    et tu reviens quand ???????????

    Posté par Le Chat, 30 mars 2010 à 13:12 | | Répondre
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