14 août 2010

Centerpark

Cet été le gentlegay a décidé de partir en vacances à …Centerpark !

Quoi, vous étouffez-vous entre deux gorgées de mauresque, boisson par excellence en cette chaleur d’un août automnal et qui vous permet de vous offrir un pastis sans passer pour un Raimu en terrasse parisienne…Que lui arrive-t-il ? Son banquier lui a-t-il enfin fait remarquer que plus de 3 zéros sur un découvert ça commence à faire une somme et que Madoff est passé par là aussi avant la case prison sans repasser par la case départ.. Le gentlegay s’est –il enfin décidé à faire des vacances comme monsieur tout le monde, dans un environnement familial et chaleureux - comprendre entre éclaboussures et vachissements de nourrissons, entre serviettes de plages piétinées et relents de sandwich pâté plus fermenté que confit dans une fausse chaleur maîtrisée à +35degré… Ou alors tellement conditionné par son enfermement annuel parisien il n’a pu échapper à son destin de Truman et tel un loftien permanent il a eu besoin de faire son show sous cloche même en vacances ? Ou enfin, peut être est il en pleine étude socio-anthropologique et qu’après avoir fait une revue historique complète des grandes migrations vers le sud des années 30 il a décidé de découvrir tel un Martin Parr de la tendance cette nouvelle société des loisirs préemballés…

Et bien je tiens à vous le dire, mais vous vous en doutiez, rien de tout ça ! Non, le gentlegay est parti à Centerpark…enfin à ce qui a servi de modèle à centerpark, un centerpark un peu moins cocoon et prémaché, un peu plus roots et sauvage, bref  plus Indiana que Jacki : en pleine jungle Costa ricaine.

Alors je me dois ici de vous donner quelques tips si vous aussi un jour vous souhaitez vous transformer en explorateur patenté et éviter le côté pintade à la recherche d’émotion forte qui a pu caractériser un peu le gentlegay pendant ses vacances…

  1. N’oubliez pas vos boules quies. En effet, en bon urbanistas, vous êtes sans doutes habitué à toute sortes de bruits nocturnes devenus rassurants au fil des années tant ils peuplent votre sommeil : pétarades de quéqué en mob, vociférassions d’alcooliques, feulements d’ébats sexuels reproductifs conjuratoires de la trilogie métro-boulot-dodo, klaxons d’excités imbibés ou de supporters de foot, sirènes de forces essayant de faire régner l’ordre etc etc mais par contre vous n’êtes certainement pas habitués à un tintamarre beaucoup plus naturel, celui des animaux de la jungle en pleine effervescence de vie. Tel un bon Walt Disney revu à la sauce Burton vous aurez droit à un concert choral de singes hurleurs, à un angoissant ballet d’élytres et de mandibules d’insectes volants, piétinants ou grignotant, plus toute une série d’autres bruits dont vous ne voudrez même pas connaître l’origine mais qui vous rappelleront que vous n’êtes qu’un maillon de la chaîne alimentaire… et pas forcément le dernier…
  2. Faites votre testament. Et oui il serait dommage que votre collection de vintage Mugler finisse chez l’abbé Pierre, pensez à tous vos amis no look qui pourraient enfin briller et trouver une place dans la société grâce à vous… car il y a de fortes chances que ça arrive, la destination finale je veux dire : kayac au fil de la mangrove peuplée de crocodiles façon Nicolas Hulot sans hélicoptère de secours, rafting sur le rio de la mort qui fracasse les cailloux alors vos vertèbres vous pensez, accro branches dans les sommets de la canopée pendu tel un tarzan d’opérette à un mince filin, plongée avec courants glacés ascenseurs express vers la surface sans arrêt possible au palier de décompression pourtant fortement recommandé, éclairs et orages tonitruants, volcan cacochyme qui crachote de la fumée mais aussi quelques flammes sulfureuses à l’occasion…ça des aventures vous en avez voulu, vous serez servi. Au moins soyez rassuré quant à l’issu de ce voyage, votre mort sera forcément événementielle.
  3. Faites une razzia chez le vieux campeur. Ah oui vous pouvez tel le gentlegay tenter le voyage en converses et bermuda en lin, c’est un choix, certes pas le plus pratique pour affronter l’hostilité de la forêt vierge mais chic dans toutes les situations. Après tout Saint Laurent faisait bien défiler des sahariennes… oui mais là encore vous êtes plongé dans la vraie vie : geysers volcaniques brûlants, boue briseuse de chevilles, escalade à l’humidité savonneuse, pluie tropicale albardesque, rien n’est vraiment conçu pour sauver votre attitude fashion…autant donc être équipé en matériaux gortex et polaires de toute sorte qui seront certes moins flatteurs (quoique après une pluie tropicale si, avec force imagination, votre look pourrait à la limite ressembler à du Yamamoto hypersize effet froissé plissé, la réalité c’est que vous serez plutôt rangé dans la case gypsie crado clodo) mais qui pourront s’avérer protecteurs de votre vie…

Si malgré tout ça vous êtes toujours partant alors le gentlegay vous dit foncez, vogue la galère, enfin le rafting (quoique après expérimentation il s’avère que le rafting ne vogue pas très très bien et à même furieusement tendance à vouloir jouer du double flip renversant) ce sera une aventure en cinémascope : gorille dans la brume, jurassic park, rio bravo, à la poursuite du diamant vert, le seigneur des anneaux…vos vacances en technicolor ! 

 

Posté par Le gentlegay à 01:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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